jeudi 20 septembre 2012

Lettre d'une amie syrienne (2)

Opérée en temps de guerre

À peine 24 heures à l’hôpital pour une opération chirurgicale qui nécessite en moyenne un séjour de 3 jours au moins.
Mais quels sont donc les facteurs qui ont joué dans la prise de décision de cette chirurgie et de ses circonstances ?
D’abord, le cas n’était pas ce que l’on appelle une intervention chirurgicale urgente. Donc on pouvait décider du meilleur temps pour l’effectuer. Puisque Damas est pratiquement isolée de son entourage les jeudis et dimanches de chaque semaine depuis plus d’un an, il ne faut pas choisir ces jours là ! Notamment parce que les « infirmières n’habitent pas au centre-ville. La plupart d’entre elles habitent dans les faubourgs », selon les propos du chirurgien (évidemment, cela coute notamment moins cher). Et j’ai personnellement vérifié la véracité de ses dires. En effet, l’une d’elles a dû rester 3 jours de suite à l’hôpital car elle n’avait pas réussi à rentrer chez elle, alors qu’elle habite à 11 kilomètres seulement du centre ville.
Puis, il est vrai que mon cas n’était pas vraiment urgent. Je pouvais me permettre d’attendre des mois, voire un peu plus, avant d’accepter la décision du chirurgien. Mais vues les conditions du pays qui se détériorent de plus en plus, j’en avais discuté avec mes proches, et nous sommes arrivés à approuver la proposition du médecin : qui sait si, dans quelques mois, je pourrais être opérée dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui ? Surtout puisque je compte rester au pays !
Ensuite, afin de choisir l’hôpital où serait effectuée l’opération, il m’avait fallu faire la comparaison des hôpitaux membres du réseau avec lequel ma compagnie d’assurance médicale a effectué un contrat. J’ai donc choisi un hôpital en centre-ville. Je ne dois traverser que deux check-points pour y arriver.
Enfin, pourquoi sortir le plus vite possible de cet hôpital ? Et bien justement parce que l’un des deux check-points pour y arriver de chez moi se situe juste avant l’hôpital, et pourrait donc être attaqué n’importe quand ! Donc, j’ai préféré rentrer chez moi précocement… s’il doit arriver quelque chose, je préfère être à la maison !
Randa

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